vendredi 15 mai 2009

The Invisible Man


The world's gone mad
And I have lost touch
I shouldn't admit it
But I have
It slipped away while I was distracted
I haven't changed
I swear I haven't changed
How did this happen?

I didn't feel myself
evaporating...

My body has gone
But my eyes remain
Hovering, witnessing
Cold as a ghost... watching the streets
Sheltering in doorways of
Venice, Vienna, Budapest, Krakow and Amsterdam

I have become the invisible Man

The invisible heart beating against you
The invisible pulse silently thumping

I should my name in the public places
No one seems to notice
No one understands
I stand perfectly still
In the middle of the road
I hold my nerve
I hold my nerve
Hold my nerve
But the cars don't swerve

I will hear your prayers
As you whisper alone
I am the one you felt was close
You lit a candle
Blessings in the cold night air

I will feel your breath as you turn to go
I will watch you leave
From somewhere up high
As you cross the pardk
In the Autumn light
In the Autumn light
In the Autumn light

If I close my eyes
I can see where you live
Climb the winding stairs
Up to your apartment
The scent of you preparing
His evening meal
I must watch in dread
When he's cruel to you
In horrified silence
As you make love
I cannot lift a hand
Lift a hand to stop him
I don't exist What can I do?
What can I do?

I will scream in your ear
As you're passing by
I will wrap my arms around you
You won't hear, you won't feel me
I will walk stride for stride with you
I will try to help
When you stumble
You will stumble through me.

I have become the invisible man
It's all I am
Invisible

I have read all your letters
I know what you contain
I have dreamt your dreams
My head...
My head is haunted
I will scram again
I am perfectly sane
I am perfectly sane
But I am
The invisible man
I am The invisible man

Talk to me
Acknowledge me
Confide in me
Confess to me ... or
Leave me be
Leave me be.

The Invisible Man, Marillion

vendredi 8 mai 2009


You have broken me all the way down,
down upon my knees.
And you have broken me all the way down,
you'll be the last, you'll see.

Some fight you gave,
and I pushed you away
from me.

And in the morning when you turn in
I'll be far to sea.

And you have broken me all the way down.
You'll be the last, you'll see.

And what chance have we got
when you've missed every shot
for me?

And in the morning when you turn in
I'll be out of reach.
And in the darkness when you find this
I'll be far to sea.

And you have broken me all the way down.
You'll be the last, you'll see.


All The Way Down, Glen Hansard

vendredi 13 mars 2009

Sourire étoilé


Envie de troubler la monotonie de ce monde,
A coups de bonheur et de mots.

L'espoir aurait pu naître dans la nuit poétique,
Mais l'oeil s'est adonné à la route.

Rimbaud, sauve-moi;

Jack, partons,
partons!

Vers Son sourire.

dimanche 11 janvier 2009

Petit voyage et rétrospection


Hier soir, blotti sous cinq couvertures et recroquevillé pour réchauffer les pieds froids autrefois miens et vivants, j'ai laissé mes idées vagabonder sans jamais les juger. La gâchette avait un nom: "Heading for the great escape". Maintenant j'essaierai de décrire le chemin, s'il en existe un, qui guidait ce voyage.

J'ai vécu longtemps, assez longtemps pour ressentir quelques fois cette joie au coeur que l'on nomme bonheur. J'ai aussi éprouvé ce que c'était de vivre. Sur ces mots, la tête me tourne de souvenirs épars qui s'entremêlent, le coeur bat chacune des secondes: le temps s'étend et couvre mon corps. Un sourire enfantin, un goût dans la bouche, un brin de lumière, un son d'océan, le toucher d'un sein, le mouvement d'une plume, un baiser, une larme qui nait, un frisson dans la nuit...
Je ne parviens pas à assembler les fragments: absurde, c'est probablement ce qui donne le caractère à cette vie. Chaque souvenir, chaque action est, mais l'être derrière, où se cache-t-il? Ça, c'est l'intelligible qui refait surface.

Pourtant, ce que je ressens à cet instant est bouleversant, très loin de l'idée abstraite du mot absurde. Mon corps s'intensifie, chaque parcelle existe, et sent la nuit le pénétrer: c'est un de ces rares moments où corps et esprit se détachent et saisissent passionnément ce qu'on ne peut que tenter de décrire. Oui, c'est l'ancienne idée du cosmos et de la communion avec la mère nature - un espace privilégié ou l'on se sent vivre et palpiter comme part du monde. Plus rien n'importe alors, le jugement disparaît. Ce sont quelques sensations qui font surface avec quelques idées oubliées.

Oui, quoique je puisse dire, le fait est là: j'ai vécu. Mais où est la valeur? Au mieux deux personnes s'aiment, une femme que l'on appelle mère, ou naïvement maman, a souffert et vous voilà. Vivre est seulement un fait parmi d'autres; ou pire, le résultat d'une action par existence absurde. Là où l'homme ne s'aventure pas existe toujours, oui je crois toujours, cette vérité. Lorsqu'elle remonte parfois, c'est le sanglot qui vous prend, au point que l'on se sent mourir.
Du haut de l'arbre, du haut de l'immeuble, sur mes pieds ou sur ma moto, je me suis souvent donné le choix. La liberté est le fardeau de l'homme, certes, mais elle m'a toujours donné le choix d'exister. Elle est la raison de ma propre naissance, celle qui donne le sens à une vie, et la valeur aux mots. Ce fut la découverte fondamentale qui donna par accoups le sentiment de vouloir, autrement dit de choisir pourquoi.

S'en suit tant d'autres et confirme: la liberté est bien un fardeau.

Je me suis laissé essayer de très différentes facettes et ai joué tant de rôles.

Son visage m'apparaît alors, aux côtés du mien, dans un éclat de rire et une accolade fraternelle: on était très semblable, il était mon espoir et mon exemple, probablement étais-je aussi quelque chose de la sorte. Puis j'ai pris des décisions qui m'ont fait emprunter une autre voie. J'ai choisi les auteurs et les idées, réconforts dans le mal du siècle au sein de chacune de mes actions, j'ai souffert l'amour, et je me suis enfui dans le romantisme et l'expérience de vivre.

Aujourd'hui, je le regarde de loin et lui a couru vers les Autres, a cherché l'existence dans la vieille définition de l'Humanisme et a cru en l'homme sans vraiment comprendre pourquoi.

Moi j'ai donné et donné dans un amour aveugle, jour et nuit, donné des mots emprunts de solitude, donné du temps, de la vie. Puis j'ai crié et crié à l'aide, jour et nuit, crié des mots de solitude, crié des regards, crié pour des mots... et n'ai entendu que le putain d'écho de la falaise. Encore une fois, ils m'ont sauvé et j'ai choisi; et me voilà à nouveau... mais en sachant ma raison de vivre. L'existentialisme est un Humanisme, à moi seul incombe de donner valeur à ce sentiment. Je crois désormais en l'Homme.

L'amitié ne donne sa valeur que maintenant, lorsqu'elle s'éloigne des yeux et qu'une solitude différente apparaît. Elle fait sourire et pleurer, puis donne le sens au bonheur: "Happiness only real when shared".

Je ne vois que des bâtiments à droite et à gauche, quelques fois des arbres trop entretenus et humains. Pas de montagne, pas de vue, pas de silence. Une voiture passe. Le paysage est trop plat ici.

dimanche 28 décembre 2008


Le rythme balance le mouvement. Tout est question d'habitude. Bientôt, je ne me rends même plus compte que je marche. Non, c'est un mensonge: jamais je n'ai pleinement réalisé que je marchais. C'est l'inverse qui s'est produit. Tout à coup les pas se furent maladroits car je les regardais, je leur faisait prendre existence. Je décide de m'arrêter car la tête m'en tourne. Les idées s'enfuient, le corps nait à présent.

Les yeux se ferment, les jambes s'animent à nouveau. Le mouvement est gauche, malassuré: le corps n'a plus l'habitude d'être lui seul. Le chemin est droit, mais j'oscille d'un côté et de l'autre. Du moins c'est ce que mon corps m'indique. La crainte, puis la peur, incitent naturellement à abandonner la danse, pourtant j'essaie tant bien que mal d'y résister... ironiquement.

Cet acte, qui se faisait si aisément sans y penser, devient l'enfer quand il existe lui-seul.
Tout est question d'habitude.
Ce qui rappelle autre chose.


"C'est ça le temps, le temps tout nu, ça vient lentement à l'existence, ça se fait attendre et quand ca vient, on est écoeuré parce qu'on s'aperçoit que c'était là depuis longtemps."

Jean-Paul Sartre, La Nausée.

samedi 8 novembre 2008

Marche solitaire, avec de nouveaux yeux

Les yeux se posent sur les quelques taches lactées qui ondulent dans l'air, puis en suivent une en particulier. Le jeune homme, effrayé de ne pouvoir contempler ce qui va se produire, freine sa marche pour enfin s'arrêter complètement. Il se tient au milieu du trottoir de béton sur la droite de la route. Le nuage, tout doucement, avance, ou recule: pour choisir, il faut savoir ou l'on est, or ce jeune homme se perd lui-même dans cet instant; tout est là. Bientôt, la masse d'eau semble toucher une touffe multicolore, qui elle, est plantée au sol. Les feuilles roussissent, d'autres diront qu'elles jaunissent, et se baignent de lumière d'Automne. Quelques branches par-ci par-là se dénudent timidement, tandis que quelques feuilles pendent dans un dernier effort à ce qu'il reste de leur terre. Les couleurs jettent dans les yeux du jeune homme un doux sentiment de beauté, mais aussi de bonheur.
Ses yeux descendent humblement vers le tronc, qui raccroche tout cela à la réalité. Les feuilles gisent sur l'herbe, au pied de leur père, mais l'hécatombe n'a peu de chance de faire pleurer: elle fait le contraste de l'absurde et de la vie. Chaque note envoie pourtant l'homme dans l'été que ses souvenirs forment. Encore un tout petit instant, et la scène n'aura plus à rougir. Les jambes s'animent, et les pieds s'écrasent contre les graines de l'arbre qui craquent.

Les yeux se détournent et suivent au loin une autre scène.

Et c'est reparti.

lundi 20 octobre 2008

Rétrospection


Il est temps de renouer avec le passé;
j'affirme ce que je suis.


Tableau: Lavender Mist, Pollock.
Ou comment comprendre l'artiste.