Aujourd'hui (ah quel sarcasme!), j'ai envie d'écrire. Franchement, je ne sais pas quoi écrire non plus. Pour être honnête avec vous, je crois que je vais vous raconter ma vie.Bon, ça ne vous intéresse pas...?
(...)
Bien, nous voilà entre nous maintenant. Deux semaines de vacances, des vacances pour le moins étranges, certainement les vacances les plus insolites que j'aurais passées. Elles se faisaient attendre, elles m'appelaient de loin tandis que je m'impatientais tant. Pourtant, le soir même j'ai senti ce que c'était, qu'elles n'étaient que le pâle reflet de ce que je pensais libération, ou liberté. Le désir qui se déguise toujours tant, pour me faire avancer vers là ou finalement il n'y a qu'un goût insipide et âcre ensuite.
Ce sont un peu ces vacances oui, où j'ai erré. Ce serait mentir de dire que je n'en ai pas profité. J'ai passé une excellente soirée en amoureux, pour nos deux ans, où j'ai pu sentir mon coeur faire quelques bons mal assurés hors de sa poitrine. Mes amis ont aussi été là pour me rappeler qu'une vie existait avant celle que je vis aujourd'hui, que tout n'est pas illusoire. J'ai partagé d'excellents moments en leur compagnie, comme ceux où je me retrouvais seul avec ces quelques auteurs hors du commun, au coin d'une bougie, à boire leurs paroles.
Mais la solitude ne lâche jamais comme ça, elle est envahissante et se glisse surtout là et quand vous ne la voulez pas. La nuit, alors que la pleine lune s'affiche claire dans le ciel, vous vous sentez entiers, lourds, peser, exister. Le Noir se révèle être la lumière de votre vie, de votre âme, puisqu'il vous reflète vous-même.
Un loup, qui passe. Un loup qui s'arrête. Une amitié qui commence, ou qui continue, je ne sais pas; c'est aussi ça ces vacances. Le partage d'une solitude, qui peut paraître paradoxal, mais qui en fait dévoile une autre amitié, celle du coeur.
La fatigue ne me lâchait pas non plus, même si j'ai tout fait tout ce qui était en mon pouvoir pour la vaincre. Il m'arrive souvent de me réveiller en pleine nuit, en sueur, perdu. Mes yeux s'ouvrent net, clairement, comme un poignard sort de son fourreau. Débordant d'énergie, je ne sais que faire, je m'agite et me retourne dans tous les sens sans comprendre ce qui m'arrive. Fatigué la journée, d'un coup je me réveille et ne demande qu'à... qu'à quoi d'ailleurs? C'est précisément là que je m'interroge: plus j'y réfléchis, plus ça m'arrive, plus j'ai l'impression que cette énergie c'est en fait de la haine refoulée, des ressentiments que je range soigneusement là où ils ne devraient pas me déranger. Ça commence sérieusement à m'inquiéter pour tout dire vu que ça m'est arrivé assez fréquemment pendant ces deux semaines, bien plus que d'habitude.
Ensuite ce sont aussi les révisions, et les questionnements qui en découlent, car il y a de quoi faire lorsqu'on commence dans cette voie-là. Malheureusement, je ne sais toujours pas ne pas écouter mon esprit quand il me guide dans ces contrées-là, et des heures durant je m'apitoie sur notre situation ridicule d'étudiant. Non mais quel sens ça a?
Du coup, je ne me sens pas prêt non plus pour lundi, et les jours qui suivront, autrement dit le bac blanc. D'une part, je n'ai pas envie d'être jugé, parce que c'est ridicule comme méthode, et d'autre part du fait d'un énorme manque de confiance. Finalement, je ne peux m'en vouloir qu'à moi-même, si j'avais vraiment étudié, je n'aurais pas eu à subir ce que je ressens aujourd'hui. Mais après tout, est-ce que ça a vraiment de l'importance? Je veux dire tout ça, n'est-ce pas seulement qu'un peu d'absurdité supplémentaire dans notre existence?
Ces études, ces examens, ces jugements, jamais ça n'égalera ce que j'ai appris sur moi-même, sur les lettres, sur l'humanité, pendant ces vacances. Que je réussisse ou non, après examen raisonné, ça n'a donc plus d'importance.
Sinon, bon courage à tous, et profitez du peu de temps qu'il nous reste!

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